Une bague ancienne, une chaîne héritée ou un bijou acheté à l’étranger peut sembler être en or sans que son titre soit immédiatement évident. Pour savoir comment identifier son caratage, il faut d’abord lire le poinçon, comprendre l’équivalence entre carats et millièmes, puis savoir quand un contrôle professionnel devient nécessaire. Je vous donne ici une méthode simple, avec les pièges à éviter avant une estimation ou une vente.
Le poinçon donne souvent la première réponse sur la pureté de l’or
- 750 millièmes correspondent à de l’or 18 carats, soit 75 % d’or fin.
- 585 millièmes indiquent généralement de l’or 14 carats.
- 375 millièmes correspondent à de l’or 9 carats.
- Un aimant ne suffit pas pour confirmer qu’un bijou est en or.
- Pour une valeur importante, seul un test réalisé par un professionnel permet de sécuriser l’identification.

Comment savoir le carat de l'or grâce au poinçon
En France, le moyen le plus rapide consiste à chercher un poinçon, une petite marque gravée sur le bijou. Il se trouve souvent à l’intérieur d’une bague, près du fermoir d’une chaîne ou sur la tige d’une boucle d’oreille. Une loupe ou la fonction macro d’un téléphone peut aider, mais une inscription effacée ne doit pas être interprétée trop vite.
Le chiffre gravé correspond au titre en millièmes. Il indique la proportion d’or pur dans l’alliage, et non le poids total du bijou. Ainsi, un bijou marqué 750 contient 75 % d’or fin, le reste étant composé de métaux comme l’argent, le cuivre ou le palladium.
| Titre en millièmes | Caratage | Proportion d’or fin | Usage courant |
|---|---|---|---|
| 999 | 24 carats | 99,9 % | Lingots, pièces, or très pur |
| 916 | 22 carats | 91,6 % | Bijoux et pièces selon les pays |
| 750 | 18 carats | 75 % | Bijouterie française haut de gamme |
| 585 | 14 carats | 58,5 % | Bijoux importés ou plus résistants |
| 375 | 9 carats | 37,5 % | Bijoux plus accessibles |
La conversion est simple. Pour passer des millièmes aux carats, je multiplie le titre par 24 et je divise par 1 000. Par exemple, 750 × 24 ÷ 1 000 = 18 carats. En France, l’expression en millièmes est privilégiée depuis 1995, car elle est plus précise que l’ancien système en carats.
Les poinçons français à connaître
Le poinçon de garantie peut prendre une forme particulière, comme la tête d’aigle pour l’or 750. On peut aussi trouver un poinçon de maître ou de responsabilité, qui identifie le fabricant ou l’importateur. Ces deux marques n’ont pas le même rôle, même si elles sont parfois confondues.
La DGCCRF rappelle que les titres autorisés pour désigner un bijou en or sont 999, 916, 750, 585 et 375 millièmes. Un petit objet, une pièce très fine ou un bijou ancien peut toutefois ne pas porter de poinçon visible. Dans ce cas, l’absence de marque ne prouve ni qu’il s’agit d’une imitation ni qu’il s’agit d’or véritable.
Les vérifications possibles à la maison
À domicile, je conseille de commencer par une inspection visuelle et documentaire. Examinez le poinçon, les zones qui frottent le plus et la facture éventuelle. Une mention comme plaqué or, doré, vermeil ou métal doré ne signifie pas que le bijou est entièrement fabriqué en or.
L’épreuve de l’aimant
L’or n’est pas attiré par un aimant classique. Si le bijou est fortement attiré, il ne s’agit probablement pas d’or massif. Mais un résultat négatif ne suffit pas, car le cuivre, le laiton, l’argent et certains alliages ne sont pas magnétiques non plus.
L’observation de l’usure
Sur un bijou simplement doré, une couleur plus sombre ou argentée peut apparaître sur les arêtes, le dessous d’une bague ou les maillons très sollicités. C’est un indice de placage usé, pas une preuve absolue. Un bijou en or massif peut aussi présenter des rayures ou des variations de couleur liées à son alliage.
Les tests à éviter
Je déconseille le vinaigre, le dentifrice, la javel et les produits trouvés dans les astuces maison. Ils peuvent ternir une finition, attaquer une soudure ou endommager une pierre, sans donner un résultat fiable sur le caratage. Les kits à l’acide sont plus sérieux, mais ils nécessitent une surface de test et une interprétation que l’on maîtrise rarement du premier coup.
Quand faut-il faire tester le bijou par un professionnel
Si le bijou a une valeur sentimentale ou financière importante, le poinçon doit être considéré comme un premier indice. Un bijoutier, un joaillier ou un professionnel du rachat peut effectuer un contrôle avec une pierre de touche et des acides de test. Le principe consiste à comparer la réaction du métal à plusieurs solutions correspondant à différents titres.
Cette méthode peut être pertinente, mais elle n’est pas totalement neutre. Elle demande parfois une légère abrasion sur une zone peu visible et peut être moins fiable si le bijou est plaqué ou si une partie seulement a été fabriquée avec un métal précieux.
La fluorescence X pour une analyse sans contact
La fluorescence X, souvent appelée XRF, analyse la composition de la surface sans entailler le bijou. Elle permet d’identifier l’or et les principaux métaux associés en quelques secondes. C’est une solution particulièrement intéressante pour une pièce ancienne, sertie ou difficile à marquer.
Sa limite est importante à connaître. L’appareil lit surtout la couche superficielle. Un placage épais ou une réparation récente peut donc fausser l’impression générale. Pour une succession, une vente de plusieurs bijoux ou une contestation, il est préférable de demander au professionnel quelle méthode il utilise et si son résultat est documenté.
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Le poids ne permet pas de connaître le carat
Un bijou lourd n’est pas forcément plus pur. Le poids sert à estimer la quantité totale de métal, tandis que le poinçon ou l’analyse renseigne sur sa teneur en or. Pour calculer une valeur théorique de fonte, il faut au minimum connaître le poids, le titre et le cours de l’or, en retirant si possible le poids des pierres et des éléments non précieux.
Ne confondez pas or massif, plaqué et vermeil
Un marquage numérique peut être mal compris lorsqu’il est lu isolément. Un bijou portant un poinçon de fabricant et une indication liée au placage n’est pas comparable à une pièce en or massif 750. La différence est décisive pour la résistance, l’entretien et la valeur de revente.
| Dénomination | Composition | Ce que cela implique |
|---|---|---|
| Or massif | Alliage contenant un titre légal d’or | La teneur concerne toute la matière métallique |
| Plaqué or | Base en métal recouverte d’une couche d’or | La couche peut s’user avec les frottements |
| Vermeil | Argent recouvert d’or | Il faut vérifier le titre de l’or et l’épaisseur du revêtement |
| Doré ou platiné | Revêtement précieux plus mince | Il ne s’agit pas d’un bijou en or massif |
Selon les règles rappelées par la DGCCRF, un placage en or doit notamment respecter une épaisseur minimale de 3 microns pour être vendu sous l’appellation « plaqué or ». En dessous de ce seuil, les termes « doré » ou « recouvert » sont plus adaptés. Cette distinction explique pourquoi deux bijoux de même couleur peuvent avoir des prix très différents.
Les erreurs qui faussent le caratage
- Confondre carat et carat : le carat de l’or mesure la pureté, tandis que le carat d’une pierre gemme mesure sa masse, avec 1 carat égal à 0,20 gramme.
- Prendre 925 pour de l’or : ce nombre correspond généralement à de l’argent sterling, pas à un titre d’or.
- Se fier uniquement à la couleur : l’or blanc, jaune ou rose peut avoir le même titre, mais des métaux d’alliage différents.
- Lire un seul chiffre sans examiner le contexte : une marque peut désigner le fabricant, la référence ou une partie rapportée.
- Confondre estimation et authentification : un prix annoncé au comptoir ne remplace pas nécessairement une analyse détaillée.
La couleur mérite une attention particulière. L’or rose contient généralement davantage de cuivre, tandis que l’or blanc est associé à des métaux plus clairs et reçoit parfois un traitement au rhodium. Ces variations changent l’apparence et l’entretien, mais pas automatiquement le nombre de carats.
La bonne méthode avant un achat ou une vente
Pour un achat, je vérifie d’abord le titre annoncé sur l’étiquette et la facture, puis la présence du poinçon. Je demande aussi si le poids indiqué comprend les pierres, le mécanisme d’un pendentif ou des parties qui ne sont pas en or. Ces détails évitent de comparer des prix sur des bases différentes.
Pour une vente, faites examiner le bijou par plusieurs professionnels si la pièce est ancienne, signée ou sertie. Le prix proposé dépendra du titre et du poids d’or, mais aussi de la marque, de l’époque, de la qualité du travail et de l’intérêt historique. Un bijou de créateur peut valoir davantage que sa seule valeur de fonte.
Enfin, ne nettoyez pas agressivement une pièce ancienne avant expertise. Une patine, une gravure ou une soudure d’origine peut apporter des informations utiles. Le meilleur réflexe consiste à photographier le bijou, relever ses inscriptions et conserver tout document de provenance avant de demander un contrôle.
Le réflexe le plus fiable pour identifier son bijou
Commencez par repérer le poinçon et convertissez le titre en carats si nécessaire. Un marquage 750 indique de l’or 18 carats, mais il ne renseigne ni sur le poids réel d’or ni sur la valeur artistique de la pièce.
Pour une première vérification, l’observation et la documentation suffisent souvent. Dès que l’enjeu dépasse une simple curiosité, je privilégie une analyse chez un professionnel, car seul un contrôle adapté peut distinguer un or massif d’un placage trompeur et confirmer le titre avec suffisamment de sécurité.